Ludivine GAY - Stage de journalisme à la Tribune de Lyon
Présente la structure dans laquelle tu effectues ton stage :
"Pendant 8 semaines, j’ai été accueillie au sein de la rédaction de Tribune de Lyon (TDL). C’est un journal indépendant de presse hebdomadaire lyonnais fondé en 2005, aussi premier magazine hebdomadaire lyonnais. Le journal est indépendant puisqu’il est détenu en grande majorité par ses salariés. Il traite de l’actualité lyonnaise, entre politique, gastronomie, patrimoine, culture, économie ou encore vie juridique. Niveau format, il publie principalement un magazine A4, mais il a aussi des newsletters, et réfléchit à sortir un magazine quotidien. En ligne, il est très présent sur les réseaux sociaux et via son site web, avec des articles en libre accès et d’autres réservés aux abonnés. Le site est alimenté au quotidien par des actu chaudes et des articles issus du print ou en continuité. Aujourd’hui, il subsiste sur la base de ses abonnements et de la mise en vente de son journal."
Le stage & les missions
Peux-tu nous décrire une journée type ?
"Chaque jour commence par une réunion de rédaction matinale, à l’exception du mercredi où à lieu une conférence bien plus longue qui permet de se projeter sur plusieurs semaines. Pendant la réunion, on discute de nos sujets puis on décide de ce qui doit être traité dans la journée, notamment pour publier les contenus sur le web. On peut proposer des sujets qu’on a vu passer chez des confrères ou à partir des sollicitations que l’on a. La journée se dessine dès qu’elle commence, on sait où on doit aller et on s’organise. D’autres fois, avec l’arrivée de l’été notamment, les journées sont plus douces, il y a moins de pression."
Présente-nous tes missions au sein de ta structure d’accueil.
"Ma mission est unique : écrire des articles. Je dois soutenir la rédaction en gérant des sujets qu’elle n’a pas le temps de faire ou en proposant de nouveaux. Si mes propositions sont intéressantes, ça sous-tend des sous missions selon le sujet : aller sur le terrain, faire des recherches, enquêter, etc. J’ai été formée à maîtriser la structure du site pour publier directement mes articles dessus (vraiment la totale : mettre des photos, intégrer des liens sans qu’ils soient suivis par les robots, etc.), et si j’étais restée plus longtemps en stage, on m’aurait probablement appris a écrire directement sur la version qui est imprimée aussi. Là, je passe par ma tutrice ou d’autres journalistes qui me confient des sujets."
As-tu eu l’opportunité de travailler sur des projets concrets ? Lesquels ?
"Pour moi, chaque article est un projet concret. Mais il y en a certains qui sont plus « riches » que d’autres je dirais, soit parce qu’ils demandent plus de travail soit parce que l’histoire derrière est toute particulière. Par exemple, j’ai écris sur la campagne lancée par une association lyonnaise, Soierie vivante, pour restaurer un métier à passementerie. Lyon est très connue pour son patrimoine autour de la soie avec ses fameux canuts, basés à Croix-Rousse dès le XIXe siècle. Je suis allée sur place avec un stagiaire photographe, et la bénévole qui gère l’association a pris le temps de me montrer et de m’expliquer comment le métier fonctionnait. C’était particulier parce que le métier est gardé dans un ancien atelier de canuts. C’était magnifique, et je ne suis pourtant pas la plus grande fan de ce genre d’éléments historiques.
Autrement, un projet qui m’a marqué parmi d’autres : je suis allée couvrir une des deux journées « Justice Morte » organisée par le barreau de Lyon contre le projet de loi SURE du Garde des Sceaux, Gérald Darmanin. J’étais entourée d’un tas de journalistes, ce qui était assez dingue à vivre, et j’ai fait un vrai reportage comme je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de faire auparavant. J’avais déjà fait des reportages, mais je pense que c’est la première fois que j’étais dans les vraies conditions du métier."
Quelles compétences as-tu développé / renforcé pendant ce stage ?
"Ma plume, clairement. Ma capacité à être pertinente et agréable à lire, à intéresser et à intégrer une ligne éditoriale dans ce qu’elle recouvre et pour ce qu’elle veut dire, principalement."
Formation & projet professionnel
Quels liens as-tu pu faire entre ton stage et ta formation ?
"Beaucoup de notions et d’anecdotes me sont revenues pendant le stage. La notion de contrat de communication, de ligne éditoriale ou de travail social des médias. Ce sont des points qui ont prit sens dans une dimension encore différente de ce que j’aurais pu imaginer, parce que forcément plus concret."
Retour personnel
Qu’as-tu appris depuis le début de ton stage ?
"Je ne suis pas formée au métier, et franchement ça m’a très vite rattrapée. Bien-sûr, on peut être formé sur le tas comme je le suis, mais c’est intimidant. Typiquement, le ba-ba c’est de savoir aller droit au but, écrire pour transmettre, intéresser et faire comprendre un sujet. Ça, je ne savais pas le faire. Ça peut paraître bête, mais quand on a une certaine façon d’écrire, qui est pour ma part très littéraire, ça coince un peu. D’autant que même en l’ayant identifié, j’avais énormément de mal à garder en tête pour qui j’écrivais. Et forcément, le résultat en pâtissait. Heureusement, ça a finit par venir.
Maintenant, j’arrive à écrire de manière simple, claire et efficace. Et surtout plus vite ! Parce que même pour un hebdomadaire, on est dans le feu de l’actu et c’est compliqué de s’adapter au rythme sans avoir appris, en école par exemple, à le faire. Le truc que je ne pensais jamais réussir à faire. Mais bon, quand on te met la pression, ça finit par venir. Ça n’en reste pas moins un challenge parce qu’il faut le plus souvent aller chercher ses infos dans des sources pas du tout claires. Déchiffrer tout ça, c’est un premier travail, et le retransmettre sans tout de suite parler de vulgarisation pour que le lecteur en face, avec toutes ses particularités le comprenne, c’en est un autre. Aujourd’hui, j’ai plus de facilité à angler mes sujets une fois qu’on me les confie ou que je les propose. Je me sens plus légitime, je dirais."
Quel conseil donnerais-tu à un futur stagiaire en journalisme ?
"Pas facile à dire. Je pense que je lui conseillerais de lire et de s’entraîner à être limpide, déjà d’un point de vue « technique ». Sur le reste, je lui dirais de vraiment s’accrocher. Ça peut prendre du temps, mais à partir du moment où il maîtrisera la forme et qu’il aura apprit à maîtriser rapidement le fond de n’importe quel sujet (même les plus durs, promis), il prendra du plaisir et franchement c’est merveilleux quand c’est ce qu’on aime faire. Et puis, ça se ressent dans le retour lecteur quand l’article est réussi, parce qu’il est lu et qu’il plaît."